vendredi 30 novembre 2012

Let's not forget...


UNITED COLORS OF CONDOMS 


Sarah Jessica Parker goes Scissor Sister on Glee

Amazing how Sarah Jessica Parker sounds and looks great on the Glee makeover of the latest Scissor Sisters' hitsingle Let's have a kiki, all mashed up with with some Broadway tune sung by our usual Rachel character in the 4th season aired in the US... 

samedi 24 novembre 2012

Génération Goldman... tout le monde chante Jean-Jacques !

Cela fait déjà quelques semaines que le projet de MyMajorCompany de réunir de jeunes artistes d'aujourd'hui pour chanter les chansons de Jean-Jacques Goldman a été présenté, et ce Génération Goldman avait été annoncé par la sortie single du duo de M.Pokora et Tal sur Envole-moi, mais c'est lundi dernier qu'est enfin l'album complet, regroupant 18 artistes sur 14 chansons, que dis-je, tubes de notre J.J.Goldman national, véritable phénomène de la chanson française et premier réceptionnaire de la SACEM à mon avis. J'ai patienté jusqu'à aujourd'hui faire mes courses à mon hyper habituel pour en acheter le CD, fournissant un livret complet avec paroles et crédits, et en inconditionnel du chanteur, c'était un album qu'il me fallait évidemment posséder dans ma discothèque. Après quelques écoutes, il me reste cependant un goût mitigé dans les oreilles : je ne parle pas des chansons, évidemment, mais du parti-pris du label de faire plus que de raison cohabiter plusieurs chanteurs autour du micro ; il en ressort une impression de convivialité et de partage universel et intergénérationnel de la musique de l'auteur/compositeur, mais aussi moins de force dans certaines interprétations qui auraient gagnées à se voir offrir en version solo, je trouve. Pas de quoi regretter mon achat cependant et je compte bien vous en livrer un léger aperçu pour vous donner envie à vous aussi de vous offrir cette belle compilation.


L'album commence par le premier single extrait, Envole-moi, porté donc par le french entertainer numéro 1 M.Pokora, en duo avec la jeune Tal. Réalisé par les Trak Invaders comme toute la première partie du CD, la chanson de 1984 se voit ré-orchestrée en tube électro/pop actuel et va permettre à faire découvrir la patte Jean-Jacques Goldman à toute une nouvelle génération d'ados pour qui le répertoire du chanteur appartient avant tout à leurs parents. Les voix des deux chanteurs se mélangent bien et c'est un parfait teaser pour vendre l'album.
C'est ensuite au tour du méga-tube de 1985 co-écrit et interprété avec Michael Jones, Je te donne, déjà repris avec le succès que l'on connait en 1996 par le boysband Worlds Apart, de se voir repris par la chanteuse pop/R&B Leslie avec le groupe anglais Ivyrise représenté sur les photos par son chanteur Ben Falinski. Il démarre par des accords de piano réminiscents à al fois de Coldplay et du When love takes over de David Guetta et quand on sait le potentiel tubesque du titre, je ne prends pas trop de risque à imaginer qu'il puisse être choisi comme single suivant, d'autant qu'il lancerait parfaitement la promotion du prochain album du groupe anglais, signé par MyMajorCompany et qui ne s'est pour l'heure fait remarquer que par le single Line up the stars en duo franglais avec Dania Gio. Rien à dire, la rythmique est punchy et les accords rock'n'rollesques, les voix bien marriées : très bon makeover !
Mais c'est sur la collégiale qui suit, où l'on retrouve Amel Bent (magnifique sur l'intro !), Zaz, Corneille, Christophe Willem, Shy'M, M.Pokora, Tal, Marie Mai, Florent Mothe, Leslie, Judith et Ivyrise, soit quasiment tous les artistes chantant sur les autres plages de l'album, sur le touchant Famille. Et le choix de ce titre pour cet exercice digne du meilleur de la Star Academy est idéal car les paroles prennent tout leur sens interprétées tour à tour par cette nouvelle générations d'artistes qui se déclarent ainsi un lien intergénérationnel avec leurs aînés et leur maître à tous, Mister Jean-Jacques himself...
On reste dans un rythme downtempo et dans l'émotion pour la version de Shy'M de Veiller tard, somptueusement accompagnée de violons tendres et ça me fait penser à sa version du Nathalie de Bécaud interprétée dans cette même ambiance de douce magie un peu désuette sur l'album Libres de chanter pour Paroles de Femmes, loin, très loin de la pop/dance R&B habituelle de la chanteuse.
Corneille prolonge ce doux moment au coin du feu en reprenant en acoustique le Quand tu danses de 1997. Ce n'est pas un des titres de Jean-Jacques Goldman dont je raffole, je préfère sa période années 80 que 90, et cette version, portée par le magnifique timbre de voix du chanteur rwandais québécois, me fait finalement redécouvrir la chanson.
Retour aux tubes de platines de Goldman avec son intemporel Là-bas de 1987, interprété à l'origine avec Sirima, et qui est offert ici à Baptiste Giabiconi et à la chanteuse Star Académicienne québécoise Marie Mai. Difficile de faire mieux que l'original, et j'avoue ne pas être impressionné par cette version, surtout par l'interprétation du mannequin chanteur signé sur MyMajorCompany, dont la voix me semble un peu juste pour porter ce titre en particulier. La québécoise, elle, apporte la même fraîcheur que la chanteuse originale à ses parties, mais ne sauve pas ce duo que je ne vois pas sortir en single malgré l'intérêt du label pour la promotion de son artiste... En leur temps, Natasha St Pier et Florent Pagny s'étaient mieux débrouiller avec ce même titre !
Nouveau duo, mais forcé cette fois, sur Au bout de mes rêves, avec Emmanuel Moire, parfait pour ce titre je trouve, accouplé à Amandine Bourgeois et c'est l'exemple parfait de ce que je voulais dire en annonçant au début de ma chronique que certains titres se seraient mieux portés à être interprétés en solo... Rien à dire sur la voix rockailleuse de la chanteuse, mais face au timbre cristallin d'Emmanuel Moire, ça ne colle pas. J'aurais préféré voir mon Manu chanter seul cette chanson qui lui va comme un gant. Autre bémol, les arrangements un rien trop sucrés pour cette version somme toute pop/rock.
Heureusement, Christophe Willem suit en solo avec Je marche seul et comme d'habitude, la tortue déchire tout sur son passage, avec cette version punchy et très rock, réalisée elle aussi pourtant par les inconnus de Eau de Gammes. Le ton est résolument années 80 et la voix de Christophe est parfaite, mais le titre est trop court : 2'47 !
Nouveau collectif sur Il suffira d'un signe et là surtout, la mayonnaise ne prend pas : mélanger Merwan Rim, Dumè (qui?) et Baptiste Giabiconi, passe encore, mais avec Amaury Vassili et sa pop lyrique, c'est comme mettre du sel à la place du sucre dans un cupcake : c'est inmangeable, et dans ce cas, inécoutable ou presque ! Heureusement, ça ne dure que 3'19 et le titre habituellement allongé dans ses versions live par Goldman nous est offert en une version courte que je vais définitivement zapper.
Florent Mothe s'offre un bis repetita en duo avec la jeune chanteuse Judith sur On ira, autre titre récent du répertoire de Jean-Jacques (1997), et cette entraînante ballade passe agréablement, mais sans plus ; trop de guitares à la gratte pour moi sans doute, et encore une fois, pas un titre de son répertoire à figurer dans mes incontournables.
Mais le suivant, oui, et la nouvelle version de Comme toi par Amel Bent, superbe d'émotions à fleur de peau en simple piano/voix. Le timbre de la chanteuse apporte un plus indéniable au tube de 1982 et à son texte fort. Son interprétation poussée jusqu'à la déchirure ne peut que vous donner la chair de poule, voir les larmes aux yeux, et c'est heureux que la chanteuse se soit vue offrir cette reprise seule. A elle seule, cette version mérite d'acheter l'album !
Pas l'indifférence, titre moins connu qui date de 1981 sur le premier album Démodé, enchaîne avec la voix fêlée de Zaz qui, si je n'aime pas vraiment son univers, chante magnifiquement bien ce texte. Là encore, c'est un beau moment d'émotion.
Autre chanson d'album moins connue pour un nouveau titre Il y a ensoleillé par la voix de Christophe Willem, et nouveau duo avec Zaho, après leur collaboration sur son dernier album. C'est un troisième titre qui prolonge l'ambiance intime de cette fin d'album. Cordes et guitare enveloppent leur duo de voix pour un petit moment magique de plus.
Enfin, bien que non annoncé au revers du CD, un quatorzième titre bonus s'invite dans nos enceintes, et l'on retrouve à nouveau Zaz, en duo cette fois avec la chanteuse camerounaise Irma et autre signature du label, pour une version medley de Puisque tu pars avec sa version anglaise chantée à l'origine par Celine DionLet's talk about love. Très acoustique, leur version peine à démarrer mais clôt l'album comme il semblait devoir se finir : calmement, posément, presque religieusement comme une soirée entre amis sur le canapé, mollement alanguis dans les coussins, têtes renversées en arrière un peu saoûles des verres vides encore sur la table basse, où seule la musique s'échappant de la chaîne hi-fi semble continuer à animer la pièce éclairée d'une bougie vacillante près de s'éteindre...

Alors, oui, il manque forcément certains de nos titres préférés de Goldman à chacun, oui, certaines versions sont un peu moins réussies que l'ensemble, mais ce projet co-produit par M6 et le label co-créé par le fils de Jean-Jacques, Michael Goldman, doit être reconnu pour ce qu'il est, un hommage de générations entières à un chanteur qui n'a pas toujours été soutenu par les critiques, mais toujours par le public. Et en cela, ce nouveau CD mérite de figurer aux côtés des albums de l'interprète original.

mercredi 21 novembre 2012

Matthew Raymond Barker publie ENFIN son album ...en digital

Hier soir, pris d'une envie subite alors que je surfais sur les nouveautés iTunes, je cliquais sur la page du Top album pour voir qui était au top des ventes (Génération Goldman) et en descendant le classement, quelle ne fut ma surprise d'y découvrir une pochette portant le nom de Matthew Raymond Barker ! Heureux hasard puisque l'album était sorti le jour même, soit le 19 Novembre.
Il y avait bien longtemps que j'avais renoncé à voir un jour Sony Music sortir son album, enregistré après qu'il ait remporté la seconde édition du X-Factor sur M6 début 2011, annoncé, lors de la sortie en Septembre 2011 de son premier extrait Trash (tout le monde jump sur le bar), pour Février 2012 ! Maintes fois repoussée, la sortie de cet opus résolument dance et dans l'air du temps s'est finalement faite en catimini, à part le décompte sur la page facebook du chanteur que je ne visitais plus aussi souvent. Et je pense que son récent coup de gueule sur les réseaux sociaux envers les gens de sa maison de disques a quand même servi d'élément déclencheur, même s'il reconnaît dans une interview qu'il a agit un peu trop sans réfléchir sur un coup de tête face à son clavier d'ordi.
Bien sûr, on sent que Sony a mis le service minimum, sortant finalement l'album en version digitale uniquement, avec un cover artwork plutôt moche (la photo ayant servi pour illustrer Trash version zoomée noir et blanc était beaucoup plus classe...) pour ne plus subir les reproches de l'artiste et de ses fans, mais sans gros plan de promotion de prévu j'en ai peur... Pas de coût de pressage CD, pas de pub télé ni de passage chez Drucker ou même M6 à l'horizon (la moins bonne audience de l'émission qui l'a révélé par rapport à la Nouvelle Star l'a présenté à moins d'acheteurs potentiels, et en plus, ça commence a faire très longtemps pour ce genre d'artiste révélé en télé-crochet...). A part l'aide de sa coach Véronic Dicaire dont il fait les premières parties en concert, il rame un peu... S'il veut vendre suffisamment de ce One pour qu'il se fasse finalement presser sur CD ou lui laisse une chance de sortir un jour un Number Two, le jeune anglais va devoir se débrouiller seul, avec l'aide de ses fans et des réseaux sociaux. Sauf que la qualité de cet album fera je l'espère finalement la différence et le fera  rencontrer son (grand) public.

Car si l'on a parfois eu l'impression que les sessions en studios de cet album avait pu être chaotiques ou ne pas toujours aller dans la même direction, d'après les messages de Matthew sur sa page perso, il apparaît pourtant que les onze titres qui composent One forment une belle unité de pop franglaise, entre dance/électro et R&B clubby, à l'esprit jeune et dynamique qui représente merveilleusement bien ce qu'était à mes yeux le jeune candidat anglais qui s'était révélé durant les primes de ce X-Factor.
L'album ne reprend pas son premier single disponible après sa victoire, la reprise un peu hésitante du Vivre ou survivre de Balavoine, ré-arrangée soul/R&B, et qui avait été imposée au chanteur, et l'on sentait bien qu'il avait fait cet exercice comme une prestation de plus pour l'émission, pas comme un titre qui l'aurait représentait au plus profond de lui-même et qu'il aurait voulu défendre avec tout son coeur...

One commence en fait avec son nouveau single, City lights, un titre tout en anglais qui me paraît ressembler à 100% au Matthew Raymond Barker que l'on avait découvert sur M6; Après une intro acoustique pop/folkeuse, le titre évolue pour se teinter de soul et gagner en rythme jusqu'au refrain ensoleillé et doucement funky. La première fois que je l'ai entendu, sa chanson m'avait fait penser à Daniel Powter, mais en plus dansant, et si j'avais été déçu du changement d'ambiance après l'électro pop de Trash, j'avais fini par succombé à ce définitif grower qui, s'il met du temps à s'installer dans votre coeur, s'y fait une place douillette en quelques écoutes. Dur, dur, par contre, compte tenu du profil du chanteur, de se faire une place dans les playlistes des radios, sans grand soutien média de M6 ou Sony, et sans textes en français qui pourraient lui permettre de bénéficier des quotas francophones et intégrer plus facilement les ondes...


Les dernières sessions d'enregistrement de l'album dont Matthew avait discuté sur son facebook faisaient étalage d'une collaboration avec Colonel Reyel, et bien que ne connaissant pas cet artiste, ça m'avait horrifié, présumant (à raison) que ça donnerait lieu à un titre de R&B/reggaton farci de rap. Je ne m'étais pas trompé, et cette nouvelle direction plus urbaine estivale figure en bonne place puisque Burnin' faya suit. Principalement chanté en français par Matt, j'aime bien finalement le message "J'ai pas besoin d'herbe pour me donner des frissons" mais suis plus insensible à la rythmique et surtout au flow du colonel, trop présent à mon goût. C'est pas ma came, j'y peux rien, mais dans le style, c'est efficace et bien fait, et je suis sûr que mon amie Elise, sensible aux musiques du soleil pour danser en boîte, bougerait bien son corps sur ce single au potentiel de challenger au tube de l'été 2013.
Baby what's it good 4, reste sur cette inspiration club/R&B, mais m'est moins indigeste. La rythmique est plus électro, pas de rappeur plus préoccupé à lâcher son nom à chaque phrase qu'à mettre en valeur son hôte musical, bref, Matthew y est mieux mis en valeur, seul. Et c'est vrai que la chaleur et la soul de sa voix va bien à ces titres de début d'album, même si après sa victoire, je me serais attendu à ce que Sony le fasse enregistrer un album de reprise néo-soul/acoustique teintées R&B de chansons connues, comme souvent c'est le cas à l'étranger pour capitaliser sur l'émission télé où l'artiste interprète des covers. Le titre a cependant moins de potentiel comme extrait radio.
C'est tout le contraire pour son successeur, Electric, qui me paraît être le single suivant obligé, entre City lights et Burnin' faya. L'intro nous met dans le mood avec de beaux arrangements de claviers électroniques planants et d'handclaps qui nous donnent la rythmique électro de ce tube potentiel pop/dance, moins exhubérant que Trash mais donc plus consensuel pour les radios... Interprété tour à tour en français et en anglais sur les couplets comme le refrain, avec un meilleur accent d'ailleurs que du temps de Vivre ou survrivre, cet Electric est de la dynamite musicale, prête à tout faire exploser. Moins club, plus radio, mais proche de ce que Christophe Willem nous a proposé sur son album Prismophonic, la London touch en moins. Car l'album de Matthew Raymond Barker, d'après ce que mes fichiers iTunes veulent bien en dire (l'artiste pourra confirmer d'un commentaire s'il lit ces lignes...) est principalement l'oeuvre à la composition comme à la réalisation du français 6mondini, alias Franck Rougier, et l'appel du pied vers Mister Willem n'est pas anodin, ce dernier ayant collaboré avec ce même 6mondini avant qu'il ne s'expatrie en Angleterre pour trouver l'inspiration et ses collaborateurs de studio. Pour en revenir au titre, Electric a un refrain dont la mélodie se retient bien en tête et vous donnerait vite envie de le siffloter sous la douche ; n'est-ce pas la preuve que c'est déjà un tube ?
Love in disguise, qui démarre avec une intro en nappes de synthés d'inspiration Moroder, retrouve un rythme plus midtempo R&B, mais tout en gardant des arrangements plus électroniques, ce qui en fait finalement un titre bien dans la mouvance actuelle de mélange des genres entre pop, dance et R&B, inspiré de David Guetta, mais sans les bruits trop électro/acid noisy. Beau pont d'harmonies vocales, qui me font penser à Bohemian rhapsody de Queen en moins délirantes et plus soul, et fin de morceau apaisée pour une chanson qui reste une plage d'album, au phrasé net et martelé sur les couplets, qui me paraissent du coup sonner étrangement pour un anglais chantant en anglais justement...
Belle intro au clavier pianoté pris en spirale dans des synthés en réverb pour Dirty love où les propos du jeune chanteur se font plus grave, cette fois encore en anglais de A à Z, et je trouve des accents Dirty Diana-esque au refrain tout en ascension mélodique. Très bel effet de choeurs samplés derrière aussi ! Même s'il ne me paraît pas assez rythmé pour représenter l'album en single, ce Dirty love est très inspiré et plaisant.
Retour au franglais et à une rythmique 100% dance pour Let's go qui démarre en grandes pompes avec des synthés pulsants auxquels répond la voix de Matthew Raymond Barker et un gimmick qui me rappelle les paroles de Trash "DJ met le son !". C'est sur ce titre que l'inspiration Guetta se fait la plus forte, avec des bidouillages de sons juste après le refrain pour faire le break, et des changements de rythmes et d'ambiances, tantôt calmées, tantôt déchaînées. Gros potentiel là encore pour ce titre, qui pourrait mettre le feu sur les pistes !
"Je veux des gossip qui foutent la panique..." entonne Matthew en intro de Gossip sur un nouveau morceau electro clubby de la même veine que son prédécesseur, et si musicalement, ça reste efficace, on bat la mesure en cadence, je suis moins convaincu par les paroles ; désolé, mais je ne vois pas le rapport en les ragots ou gossip talks et un quelconque effet sur le dancefloor... Mais bon, je reconnaîs que sur ce genre de titre qui pulse grâââââââve, l'important n'a jamais été le sens profond des paroles, mais le son et le beat. Et là, y'a du gros son et de la rythmique bien envoyée : que demande-t-on de plus ?
D'oublier tout et de se lâcher ? Impecc' puisque l'on enchaîne avec le single que j'adore toujours autant, vous l'avez reconnu, Trash (tout le monde jump sur le bar) qui avait eu droit à un précédent post l'année dernière, avec les paroles pour chanter en choeur derrière Matthew. Je n'ai rien à ajouter à ce que j'avais dit alors, sauf que les allusions aux "envies de substances" que chantait Matt, et l'ambiance un peu festive et trash du titre ont peut-être desservi son avenir radiophonique. D'où peut-être le message passé sur l'herbe dans Burnin' faya... Qui sait ?



Superstars reste dans la même tonalité electro/pop, et son texte en anglais me semble inspiré par le parcours télévisuel de son interprète (et auteur?), puisque Matthew chante que "we're all superstars". Positif et énergique, cet avant dernier titre est bien remuant mais ses couplets beaucoup plus calmes que le refrain le cantonnent à sa plage d'album à mon avis. Mais j'ai envisagé déjà beaucoup plus de singles à venir que Sony ne doit avoir envie d'en sortir... Je suis mauvais langue ! De toute façon, aujourd'hui, à l'ère du numérique, ce sont nous, les consommateurs, les acheteurs, les cliqueurs sur iTunes, qui nous faisons notre playlist pour écouteurs et je sais bien que Matthew Raymond Barker va avoir au moins la moitié des titres de cet album à squatter mon iPod un bon moment ; Trash  fait toujours partie de mes sonneries dispos dans mon téléphone !
Et l'ultime titre de One, Shut the town down, à nouveau complètement en anglais, en fera partie : c'est une nouvelle tuuuuuuuuuuuuuuuerie electro/club au refrain imparable qui vous donne envie de remuer du popotin et de lever les bras en l'air pour vous déhancher sur la piste de danse. Au final, je trouve que Matthew Raymond Barker sonne comme un Chris Brown qui ne ferait que du David Guetta, mais avec une voix plus blanche et moins d'effets de bruitage d'aspirateur que sur la plupart des derniers tubes du DJ superstar français. Par contre, cette dernière chanson s'arrête un peu abruptement et c'est trop court ! Ma réponse habituelle à ce mal est de jouer de la fonction Replay mais le tracklisting de l'album finalement s'y prête mal : on commence par la chanson la plus calme et soul, puis on a surtout de la musique dance/R&B avant de finir par ce que j'ai préféré, de la pop électro à vous foutre en nage ; belle progression finalement !

Avec tout ça, si je ne vous ai pas convaincus de courir l'acheter, c'est que vous êtes des mollusques... En plus, pas besoin d'aller loin, il n'est pas dispo en magasin : il suffit de cliquer sur l'un des liens ci-dessous : Allez, pour Matthew ! C'est un artiste sympathique et naturel, dont le timbre de voix est vraiment agréable et qui déborde d'une énergie qui ne peut que vous filer la pêche... Go Matthew, Go ! http://www.facebook.com/MatthewRaymondBarker
https://itunes.apple.com/fr/album/one/id577774791
http://www.amazon.fr/One/dp/B00A6Y4XSA/ref=sr_1_3?ie=UTF8&qid=1353454250&sr=8-3

lundi 19 novembre 2012

Rendez-vous à Chapman Square avec Lawson, le nouveau boysband anglais qui monte

Cela fait longtemps que les quatre garçons du groupe Lawson se préparent au succès, principalement en faisant les premières parties de The Wanted, The Saturdays, et Westlife ou encore Will Young et Avril Lavigne. Depuis sa création (alors sous le nom de The Grove), le groupe a du faire face à la tumeur cérébrale de son chanteur Andy Brown, ex-membre du boysband Avenue, dont faisant partie également George Max de The Wanted, et c'est en l'honneur du chirurgien qui le débarrassa de cette tumeur maligne qu'ils adoptèrent ce nouveau nom de scène. Adam Pitts, batteur et fondateur du groupe, rencontra Andy Brown via MySpace puis le duo se fit quatuor en rencontrant le bassiste Ryan Fletcher et son pote guitariste Joel Peat.
De par sa composition, avec un seul chanteur, Lawson n'est en fait pas un boysband mais bien un groupe, mais je suppose que le passé de son chanteur et la musique pop/rock est plus facile à vendre pour Polydor s'il joue là-dessus pour les mettre dans le même camp que The Wanted et One Direction. En réalité, vu le travail fait sur ce premier album par les membres du groupe et surtout son chanteur, auteur/compositeur de l'intégralité des titres, et souvent en solo, je trouve plus juste de les comparer à des groupes tels que Keane ou Coldplay, mais bon, leur jeune âge ne doit pas les mettre à ce niveau pour les médias anglais... La qualité en tout cas de Chapman Square ne trompe pas toutefois et ce premier cru made in Lawson est plus que prometteur et ne laisse présager que du bon... D'abord, la voix d'Andy Brown est magnifique, lumineuse, devrais-je dire, et ensuite, son talent pour écrire des mélodies imparables qui se vrillent dans vos oreilles pour y rester est tel que s'il ne continue pas pour lui-même, en groupe ou en solo, il écrira forcément pour d'autres. Et ceci n'empêche pas cela d'ailleurs... Polydor d'ailleurs lui a fait confiance et a porté le projet par le producteur américain John Shanks, qui n'en est pas à son premier essai, loin d elà, et a notamment remis en selle la carrière des Take That ou a notamment travaillé pour Westlife, les Backstreet Boys ou Delta Goodrem. Son travail est reconnu estampillé pop/rock commerciale de qualité et il a produit la quasi totalité de l'album.
La première écoute de l'album sur internet m'a décidé à me procurer sa version Deluxe 2CD, qui prolonge le plaisir sur une deuxième galette faite de quatre titres supplémentaires et deux versions acoustiques. Autant dire que c'est peu rempli, j'aurais voulu plus, encore plus, toujours plus, si bien que je me suis fait ma version digitale en ajoutant faces B et remixes, mais l'album standard de 12 titres est à lui seul excellent !

C'est par leur troisième single Standing in the dark qu'il démarre et dès l'intro, guitare et batterie en force, on sait qu'on est parti pour un bon moment de pop/rock mélodique et efficace. S'il n'innove pas, je ne peux m'empêcher de penser que ce titre me fait penser à un titre connu, mais impossible de mettre le doigt dessus, ce titre bien ficelé montre les garçons sous leur meilleur jour et me rappelle même le groupe Let Loose et la voix de son chanteur Richie Wermerling. Rien n'a été laissé au hasard pour ce single qui s'est classé #6 lors de sa sortie en Octobre dernier en Angleterre, ni le mixage confié à la pointure de studios Jeremy Wheatley, ni le remix club, fourni par Cahill pour un pur moment de magie dance/house sautillante, ni le clip, très efficace, et j'imagine bien ce que ça doit donner en concert...


Gone, avec sa rythmique battante, ses choeurs aériens et forts à la fois, est la première preuve qu'Andy Brown en solo à l'écriture et composition, ce n'est pas une erreur. Sans doute inspirée de sa relation passée avec la blonde Mollie King du groupe The Saturdays, cette chanson d'amour post-rupture se montre violente et déchirante à la fois. La voix de son chanteur est en tout cas très expressive et l'on ressent son émotion, sa rage brute.
En troisième position se trouve le second single du groupe, Taking over me, chanson d'amour uptempo hyper efficace co-écrite par Andy avec le producteur John Shanks. C'est leur meilleur tube jusqu'ici, N°3 cet été dans les charts britanniques, et bien que déjà pop/dance en version originale, cette chanson s'est vue remixée électro par les Wideboys et surtout par mes chouchous de The Alias (c-a-d Julian Gingell & Barry Stone, anciens remixeurs pour Pete Waterman...), habitués à remixer les protégés de Globel Talent Management comme The Wanted. Sur ce titre, la voix d'Andy monte dans les aigus en trilles célestes et c'est à se demander si en plus de sa tumeur, son chirurgien de Dr. Lawson ne lui aurait pas enlever d'autres parties de son anatomie pour qu'il puisse ainsi prendre une voix de castra, ou presque. Je ne me lasse décidément pas de ce Taking over me et sa version acoustique figure en bonus sur le second CD, donc tout va bien !


Changement de registre et de rythme pour Everywhere you go, plus acoustique et plus calme ...sur ses couplets en tout cas. Car quand le refrain déboule, il écrase tout sur son passage, avec les guitares et la batterie qui redémarrent à plein tube avant de retourner doucement à la douce-amère mélancolie post-rupture qu'insuffle le titre, sauf que c'est une déclaration d'amour toujours, d'amour encore, où que soit sa bien-aimée. J'adore particulièrement la phrase du début et qui revient en conclusion "Suicide when I'm not with you". Mollie doit se mordre les doigts d'avoir quitté un mec pareil !
Waterfall suit et c'est une collaboration à l'écriture avec une certaine Emma Rohan et surtout Jez Ashurst, chanteur anglais et pourvoyeur de tubes pour d'autres souvent aussi. Dès l'intro, on sent qu'on est face à un titre pop/rock standard efficace et c'est bien ce qui nous attend ; bonne progression durant les couplets, refrain enlevé et qui pulse fort, bonne rythmique énergique, choeurs plannants agréables, mais ça reste un titre plus plat, peut-être avec moins d'implication personnelle dans son thème. C'est cependant un très bon titre d'album !
Heureusement, leur premier single When she was mine enchaîne et on retrouve Lawson au meilleur de sa forme, le temps de ce titre, mixé comme Taking over me et Everywhere you go par Mark 'Spike' Stent. Si c'est un signe de single potential, je suppose que la plage #4 de l'album sera donc le suivant :) Mais pour revenir à la plage actuelle, When she was mine a débuté la carrière du groupe dans les charts par un mérité #4 au printemps 2012 et avait lui aussi été confié aux bons soins de The Alias le temps d'un remix. Outre le refrain plaisant qui réverbère au chant le "mine, mine, mine" en écho, j'aime tout particulièrement l'ad libitum à l'accent cockney "down on my knees, gotta see her, gotta see her..." et c'est un titre que je bisse volontiers à l'écoute en utilisant le mode replay !


Make it happen, écrit une nouvelle fois par Andy avec Jez Ashurst, est plus réussi que leur collaboration précédente, à mon goût en tout cas, surtout parce que je trouve à la phrase du refrain "you gotta make it happen, it happen", répétitive et donc addictive à souhait, une intonation plaisante qui, alliée aux choeurs aériens encore une fois d'Andy, et aux riffs de guitares, rend ce titre irrésistible.
En huitième place figure le seul titre de l'album qui n'ait pas été réalisé par John Shanks. Learn to love again a été confié à ses auteurs et célèbres pourvoyeurs de tous les tubes de One Direction, les suédois de l'équipe à RedOne, Carl Falk et Rami Yacoub. Heureusement, ça ne sonne pas comme le boysband superstar chez les minettes adolescentes, mais plus comme du Coldplay sous inspiration celtique. C'est intéressant et ça change du pop/rock standard de l'album. Est-ce une option de single potentiel ? Je le pense si Polydor veut diversifier leur image et tester autre chose avant le deuxième album.


Stolen revient en territoire connu et si j'aime bien la phrase titre "everything's stolen" et la manière dont sa ligne mélodique s'envole, aussi bien en ouverture qu'en fermeture de refrain, je trouve sinon le titre plus moyennement efficace que les précédents.
Le reste de l'album, dans sa version standard en tout cas, ne doit plus qu'à Andy Brown côté chansons désormais, puisqu'il a écrit et composé les trois derniers titres. You'll never know en est le premier et c'est un mid-tempo énergique où je retrouve ce qui m'avait fait pensé à Let Loose précédemment. De beaux moments plus calmes donnent du relief au morceau et c'est une nouvelle fois une belle plage d'album.
You didn't tell me poursuit cette recherche de beauté et son intro, toute en progression avec des notes de piano cristallines qui annoncent la voix d'Andy puis l'explosion du refrain, est juste magnifique. Je lui trouve cependant dans les moments calmes des couplets des intonations un peu trop geignardes pour coller au propos du texte mais ce n'est que mon avis ; sa voix n'en est encore une fois que plus expressives pour nous faire passer ses émotions, et lorsque sa voix s'élève au septième ciel pour se noyer dans les choeurs en canon, je m'en fous complètement : c'est juste magnifique comment cette chanson se termine !
Pour clore le premier CD de l'album, Lawson nous offre The girl I knew, une ballade mélancolique tout en acoustique, avec la voix d'Andy très juste cette fois dans la retenue de sa peine et de son amour brisé, avec un timbre un brin éraillé qui sied à merveille au titre. Ce serait cependant une bien triste façon de finir cet album si énergique si je n'avais pas mon second CD de bonus pour me refiler la pêche !

L'intro de Anybody out there, qui était la face B de When she was mine, nous redonne le rythme qui bourdonne et annonce le retour aux rythmiques pêchues et aux accents pop/rock à al Let Loose. Encore une fois uniquement écrit par Andy Brown, c'est un titre réussi.
Il est suivi par une autre collaboration avec Jez Ashurst, et Jon McLaughlin cette fois, et la basse ronronnante de l'intro de ce Who you gonna call? me fait penser à Live like we're dying de Kris Allen, mais ça mute vite en un autre titre efficace qui avait sa place sur la version standard de l'album.
Red sky, qui suit, était lui aussi sur l'EP digital de leur premier single, si bien que ce disque bonus semble surtout compiler pour les fans récents ce qu'ils auraient manqué en prenant le train en cours. Je trouve que c'est la phrase "it's gonna be alright" qui se retient surtout mais pour un simple titre additionnel / bonus, ce n'est pas grave que son titre soit moins mémorisable après tout.
Dernière chanson bonus et inédite cette fois, Touch est la seconde collaboration d'Andy Brown avec John Shanks à l'écriture, et c'est une power-ballade plutôt conventionnelle mais qui montre une nouvelle fois dans les envolées du refrain l'aisance avec laquelle son chanteur arrive à faire monter sa voix dans les aigus sans paraître criard.

Ne restent plus sur ce CD bonus que les versions acoustiques de Taking over me et When she was mine et je regrette qu'il n'ait pas été plus rempli, déjà par celle de Standing in the dark qui existe et figure sur le single digital, et puisque je parle des bonus singles, j'aurais aimé voir additionnés ici tous les titres bonus (faces B) des deux singles suivants qui en avaient à la pelle : Still hurts et Let go pour Taking over me et Die for you et Getting nowhere, sans oublier leur reprise acoustique de The A-team de Ed Sheeran sur Standing in the dark. Dans le lot, Let go méritait largement sa place sur l'album, dans le style pop uptempo efficace et entêtant, et Die for you n'avait rien à envier non plus aux titres choisis ici. C'est donc une version digitale largement étendue que je prends plaisir à écouter désormais. C'est dingue, j'achète des CD mais les extrais en MP3 aussitôt pour ne plus les écouter qu'en digital... M'enfin, il me reste le livret à feuilleter en écoutant mon iPod et les textes des chansons pour chanter en choeur ;) Pauvres voisins !

Et en bonus, leur version acoustique de Firework de Katy Perry :

dimanche 18 novembre 2012

Que penser de l'album de Baptiste Giabiconi ?


N'ayant commencé à regarder l'émission de TF1 Danse avec les stars que cette année, je n'ai que de très loin suivi l'ascension médiatique du mannequin typé latin Baptiste Giabiconi. Par curiosité, je m'étais intéressé à son single Showtime, sorti l'année dernière surfant sur l'émission qui l'avait presque couronné mais l'avait en tout cas suffisamment exposé pour qu'il diversifie sa carrière du catwalk jusqu'au micro, et n'avait pas été chamboulé ni par son accent  ni par la rythmique dance légèrement datée, même s'il bénéficiait d'une vidéo à bon budget...


Sorti cette année, son premier album Oxygen a tellement fait parlé de lui que j'ai écouté l'objet de discorde entre sa maison de disque, le label participatif MyMajorCompany, et l'organisme régulant le Top des ventes albums. Au final, qu'il ait été classé numéro 1 ou pas, on s'en fout, tout ça, c'est du marketing et ça a atteint son but. D'autant qu'à l'écoute, j'ai été séduit et ai décidé donc de m'inscrire sur le site Venteprivée qui le vendait en exclusivité, en même temps que celui de Lorie, pour l'acheter au modique prix auquel il été proposé, et source de disgrâce aux yeux de l'IFOP le reléguant de fait au classement nice price/ré-éditions. En synthèse, on ne m'y reprendra plus : 1 mois pour recevoir mon CD 12 titres avec un statut en cours de préparation qui dure 3 semaines (rupture de stock) et aucune possibilité d'annuler ma commande (en ligne comme par téléphone, c'est du jamais vu en 15 ans pour une commande online non expédiée !!) pour l'acheter à ma fnac locale, où il était apparu entre-temps en version bonus de 14 titres... Ce site, c'est de la merde en barre et ils peuvent toujours espérer que je leur donne une deuxième chance... D'autant qu'avec le port (impossible de grouper mes deux achats, mais je comprends mieux vu que je les ai reçus à 3 semaines d'intervalle...), le prix finalement n'était finalement pas si bon marché comparé au 9.99€ de la distribution normale. Passons sur ces aléas marketing qui m'avaient plutôt refroidi et concentrons-nous sur l'objet du délit : l'album.

Intégralement réalisé par Pete "Boxsta" Martin à Londres, Oxygen sonne résolument pop internationale grand-public et pour rappel, je me remémore bien avoir vu le nom de ce monsieur sur les deux derniers albums de Christophe Willem, mais une rapide recherche le montre aussi ayant travaillé pour les Sugababes, Dannii Minogue ou M. Pokora, Monrose, Alexandra Burke, Tarkan et Liberty X pour en citer de moins connus, mais tous faisant partie de ma discothèque CD/MP3.
En plus de co-écrire une majorité des chansons, il s'est adjoint les services d'autres pointures de l'écriture, et j'ai retenu Ed Drewett (ayant oeuvré sur les plus gros tubes du boysband The Wanted) et le duo Tim Kellett et Ruth-Anne Cunningham, ex-partenaire au sein du groupe Olive (souvenez-vous de leur tube You're not alone). Bref, pas les super poids lourds mais du solide quand même. En plus, Baptiste Giabiconi a co-écrit la moitié des titres dans la langue de Shakespeare, et son accent s'est même amélioré par rapport à son premier single Showtime qui ne figure bizarrement pas sur l'album.


L'album démarre par le premier extrait, One night in paradise, un mid-tempo plutôt chaleureux qui m'avait paru fade à la première écoute mais se révèle être un grower, plutôt séduisant même lorsqu'il se fait acoustique comme sur la version bonus du CD vendu dans les bacs, ou beaucoup plus remuant et assez tendance lorsqu'il est passé à la moulinette électro par Hakimakli pour le bonus iTunes. Surtout, ce premier titre me fait l'effet d'un révélateur soudain quand la voix de Baptiste me résonne soudain comme celle d'Enrique Iglesias ; blanche, sensuelle, et jouant d'envolée en voix de tête, plus je l'écoute plus je la trouve clone de celle du bel hidalgo, et la majorité de l'album me semble jouer la carte de cette inspiration pop latine tantôt urbaine, tantôt électronique, mais toujours sexy.
Unfixable relève justement plus du côté R&B d'Enrique, avec un featuring rap (par J2K), et me laisse un peu sur le côté, d'autant que la rythmique est assez lourde, pesante, et pas du tout dynamique. Oxygen relève la barre pour un titre écrit comme le premier par un dénommé Patric Sarin, et si le titre qui donne son nom à l'album reste avant tout un midtempo, la rythmique du refrain se réveille et surtout la voix de Baptiste Giabiconi s'élève dans les aigus et me fait encore plus penser à la star latine fils de. Difficile cependant d'y voir un tube immédiat, à moins que ce ne soit là aussi un grower. Sliding doors qui suit n'inverse pas cette tendance, avec un rythme plus appuyé (qui devient même carrément dubstep) et une mélodie de refrain plus enlevée, et c'est peut-être le phrasé en anglais du mannequin qui ne parvient pas à faire mouche, à moins que ces chansons n'aient pas de ligne de refrain assez droite et répétitive pour se définir comme "tube" dès la première écoute...
Mais le nouveau single enchaîne et ce Speed of light a mis toutes les chances de son côté pour remporter le morceau et se faire un efficace représentant de l'album pour sa sortie. Partiellement traduit en français (par François Welgryn) et sous-titré L'amour et les étoiles, il bénéficie en effet d'une mélodie accrocheuse, d'arrangements et de choeurs fortement teintés de Coldplay et donc désormais d'un refrain en français que les fans de l'époque Danse avec les stars vont pouvoir chanter en choeur. J'aurais apprécié de voir la version originale 100% en anglais figurer en bonus sur l'album, juste pour comparer, mais ce titre franco-anglais (le seul) fait pour tromper les quotas a tout ce qu'il faut pour passer en radio.


Le titre suivant Tomorrow continue sur la même veine pop/rock, plus éloignée finalement d'Enrique, et a lui aussi un bon refrain accrocheur qui se retient. Lightyear mixe un peu les deux aspects de la pop de Baptiste Giabiconi, pop/rock et dance/latine, en aménageant un refrain mélodique efficacement porté par des guitares et ça se laisse écouter, ma foi...
Dès l'intro électrique, In the middle of nowhere, annonce qu'on est parti pour un grand moment et ce nouveau titre, qui allie à la compo Pete "Boxsta" Martin et Patric Sarin avec Baptiste, rue dans les brancards quand vient le refrain, qui pulse fort et donne envie de sauter à pieds joints en chantant à tue-tête, mais se termine avec de beaux arrangements de cordes pour faire retomber la pression. S'il faut choisir un titre depuis le début du CD pour succéder à Speed of light comme single, c'est résolument celui-là ! Changement radical dès l'intro de Bring me some flowers, ballade acoustique toute douce et gentille, mais qui se révèle plus rythmée quand vient le refrain, au rythme de marche qui reste ensuite et en fait là aussi un potentiel single efficace pour faire fondre le coeur de ses fans.
Nobody told me garde la guitare acoustique en intro mais revient à une rythmique latine chaloupée, sensuelle et chaude, aidée par un refrain à la mélodie bien dessinée. This ain't love, en duo avec Tania Foster, reste aussi bien travaillé, avec un refrain très rythmé qui accroche bien et vous fait battre du pied tandis que les voix se mèlent agréablement, et il faut avouer que comme son prédécesseur, il est écrit par Pete "Boxsta" Martin et Steve Lee, membre de l'équipe faiseuse de tubes Metrophonic.
New York ferme la marche sur mon CD mais ce n'est pas une reprise de Sinatra, plutôt une petite ode originale de pop dédiée à la ville de la mode, un brin répétitive dans sa mélodie qui tourne en boucle sur le refrain, mais justement, ça en fait un titre beaucoup plus accessible que la plupart de ceux de la première moitié de l'album, que je trouve en effet plus réussi dans sa deuxième partie. Lorsqu'il s'arrête presque acappella, il me reste en tête l'accroche hyper efficace "People come, people go..." et si j'étais Baptiste Giabiconi ou sa maison de disque, j'en ferai un single porté par un clip tourné pendant la fashion week ou distillant des images d'archives de défilés où il a oeuvré. En bonus sur le CD du commerce avant la version acoustique de One night in paradise, il y a une reprise electro/rock du China girl de David Bowie et je me demande bien pourquoi la foultitude (apparemment) des premiers acheteurs de l'album sur le site qui le vendait en exclusivité n'y ont pas eu droit... A noter là encore un featuring rap (par Master Shortie) qui donne une touche street sans non plus couter trop cher (c'est pas Kanye West ou Pitbull non plus!).

En substance donc, pas un album qui va révolutionner le monde de la musique, ni la découverte d'un chanteur à la voix extraordinaire (comme peut l'être Christophe Willem), mais une bonne galette de pop anglo-saxonne made in France, si vous voyez ce que je veux dire...
Nota bene pour les addicts à tout ce qui touche de près ou de plus loin à PWL, 5 titres voient dans leurs crédits apparaître Dan Frampton, ancien mixeur des studios de Pete Waterman, en tant qu'ingénieur du son pour la batterie de Craig Blundell. Il semble se voir confier moins de missions de mixage de premier ordre ; dommage...

lundi 12 novembre 2012

Sandra : comeback et revival années 80 !

Sandra, la diva teutonne de la pop années 80, revient et publie un nouvel album, Stay in touch, qui renoue avec le son de pure pop sucrée qui avait fait d'elle la gagnante des hits parades dans les années 80, sur tout le continent Européen.
Son dernier album, Back to life, datait de 2009, année où elle avait également publié une Platinum collection double CD + un de versions longues, mais comme sur ses prédécesseurs, le "son  Sandra" s'était dilué et avec lui le succès. Initié par Maria Magdalena, sa carrière discographique a longtemps bénéficié des bons auspices de son Michael Cretu de mari, avant que les sirènes Enigmatiques ne l'accaparent et qu'il ne passe la main à son collaborateur Jens Gad. On retrouve ce dernier à la composition de ce Stay in touch mais la production a été confiée au duo allemand Blank & Jones qui, avec ses compilations So80s, s'est spécialisé dans le revival années 80 semble-t-il. Le single test Maybe tonight avait convaincu les fans et ce nouvel album enregistré et produit initialement par Jens Gad a changé de mains, pour le meilleur, c'est sûr ! Fini d'essayer de copier le son des divas electro/pop du moment, la Sandra de maintenant retrouve la Sandra d'antan, et ça s'entend...

L'album démarre par sa chanson titre et une autre surprise nous y attend : A la composition avec Jens Gad, on retrouve Hubert Kemmler, co-auteur de quasiment tous ses titres jusqu'à son album phare de 1988, Into a secret land. On le retrouve également sous son pseudo Hubert Kah aux voix masculines qui, comme à la belle époque, répondent dans les choeurs à celle de Sandra, et c'était une de ses marques de fabrique qui rendaient ses chansons irresistibles à mes yeux. Stay in touch démarre par une rythmique post-disco ronflante qui annonce le meilleur et quand le refrain arrive, c'est le déchaînement salvateur : on se croirait de retour en 1987/88. Pas d'effet electro/noisy, pas de voix passée à la  moulinette, juste le bon son sucré qui nous plonge dans le passé et est un véritable délice pour nos oreilles. Même s'il n'a pas été choisi comme premier single, nul doute pour moi que cette chanson titre représentera l'album en radio prochainement : c'est déjà un tube !
La plage suivante est le premier single extrait et à moins de 3 minutes, il a en effet une concision qui peut charmer les radios. Infinite kiss duplique la même recette, rythmique uptempo disco/dance, mélange de voix éthérées et belles envolées synthétiques... Normal, c'est la même équipe à la compôsition. Seul reproche, le titre est difficile à prononcer dans la tonalité de Sandra si l'on veut chanter en choeur avec elle : ça monte un peu haut !


Between me & the moon apporte plus de calme et de douceur, comme d'habitude sur les albums de la belle, qui alternent tempos pop et midtempos plus languides. Hubert Kah, même s'il n'a pas participé à l'écriture, s'offre encore l'envolée vocale d'avant refrain et petit à petit, le tempo s'accélère, et la chanson lance parfaitement le titre suivant, premier single sorti pour représenter l'association avec Blank & Jones.
Maybe tonight bénéficie surtout d'un refrain oldschool comme on en fait plus et je me dis que Jens Gadl'auteur/compositeur en solo du reste de l'album, à l'exception de la dernière plage, a du ré-écouter ses classiques made in Sandra pour s'imbiber de ce qu'elle était au plus fort de sa carrière, pour réussir le tour de force de lui écrire de nouvelles chansons qui lui ressemblent autant. L'intro démarre doucement, avec les synthés en échos, mais le refrain écrase tout et lance vraiment la chanson, toujours portée plus haut par les choeurs masculins de Kah.
Moscow nights se fait plus rétro encore dans ses sonorités, louchant plus sur les débuts façon 83/84, soit un peu plus inspiré de new wave. Il semble que l'inspiration soviétique pour ses nouveaux titres soit forte puisque le titre bonus pour certains pays, que l'on retrouve sur le maxi de Infinite kiss s'appelle étrangement Russian eyes. Pour l'avoir entendu, c'est un titre plus passe-partout à la mélodie un peu diluée et aux arrangements moins riches, plus Bontempi même par moment.
Mais l'album continue par Heart of wax et son étrange intro de cloches népalaises en réverbérations, enfin, en tout cas, c'est ce à quoi ça me fait penser, mais la rythmique s'atténue pour un premier couplet qui se languit, comme nous, que démarre vraiment la chanson. Lorsque le refrain arrive, on y croit, que ça va démarrer, comme un pré-refrain qui monte jusqu'au refrain en apothéose, sauf que là, le refrain monte doucement mais n'arrive nulle part ailleurs qu'au point de départ pour le second couplet... Je suis déçu par ce titre, à mi-chemin de CD, qui sonne comme un pur filler. Il ne s'agite finalement que pour le pont instrumental où la rythmique s'installe et lui donne un peu de vie jusqu'à la fin, mais c'est dommage : il lui manquait un vrai refrain pour tout emporter !
Lorsque je disais précédemment que Jens Gad avait dû ré-écouter les premiers albums de Sandra pour trouver l'inspiration de ce nouvel album, il en a été visiblement de même pour le duo de producteurs qui pompent allègrement l'intro de Maria Magdalena pour ce nouveau Kings & Queens, mais à part ces arrangements réchauffés calqués sur son vieux tube, cette nouvelle chanson s'écoute avec plaisir, mais sans plus. Il lui manque un petit truc en plus pour en faire un single potentiel...
Angels in my head, dès l'intro, nous entre dans la tête par contre, et là, on a le potentiel pour inonder les ondes ! La rythmique trépide, Kah lance puis partage le refrain, et l'inspiration sonne même chinoise dans les sons qui donnent la cadence à la chanson. L'entrée du refrain est aussi bien appuyée, mais la voix de Sandra finalement trop peu mise en valeur par rapport à celle de son choriste... S'il devait sortir en single, je préconise un petit remix qui lui ajouterait un beat plus actuel et mixerait les voix différemment. A 2'57, elle se termine aussi un peu trop abruptement à mon goût, mais bon...
Sand heart enchaîne et finalement, c'est peut-être ce titre-là qui mériterait plutôt de figurer sur un single ; la rythmique est bien binaire, les couplets bien dessinés, et surtout, le refrain se retient bien, avec une deuxième partie en duo pour prolonger le plaisir. La voix de Sandra me paraît cependant un peu trop filtrée sur le bridge, juste avant la belle envolée synthétique instrumentale, et ça la rend trop nasillarde. Le refrain qui revient vite me fait toutefois oublier cette impression et l'outro quasi acapella avec bruits de vagues est de toute beauté. Il ne faut pas oublier que Sandra est depuis longtemps devenue une sirène d'Ibiza !
Love starts with a smile démarre avec un beat quasi made in Caraïbes mais il ne faut pas s'y tromper, on est toujours en pur territoire synthpop, uptempo et planant à la fois. L'inspiration est encore une fois 88/89 et j'aurais bien vu ce titre figurer au tracklisting de Into a secret land... Ai-je dit que c'était mon album préféré de la chanteuse ? La chanson se termine bizarrement cependant, avec des envolées de cordes très hachées entourant les dernières phrases du refrain dans un effet un peu trop pompeux.
Mais il est déjà temps de fermer ce nouveau chapitre discographique, et c'est un titre écrit par Hubert Kemmler avec une dénommée Susanne Sigl qui s'y colle. Nulle trace de Jens Gad  pour une fois et c'est finalement dommage, ce The sun in disguise étant la chanson la plus lente de l'album, et aussi la plus fade. Il lui manque un peu de couleur, de chaleur, de rythme pour en faire un bon titre. Evidemment, c'est pas mal de fermer l'album par une marche quasi funèbre, mais à la manière de Between me & the moon, j'aurais préféré plus d'attrait dans la langueur.

Du coup, c'est un titre que je risque de zapper en écourtant mon écoute de l'album ou en le remplaçant par un des remixes du single Infinite kiss. Si la version extended n'apporte pas grand chose à mon goût, elle devrait ravir les fans de versions longues, qui se seront sûrement procurés la version deluxe 2CD de l'album, puisque le second CD reprend les titres du premier, mais en versions rallongées. L'Ibiza club mix, décliné en version courte et longue, ronronne un peu trop à mon goût, avec des distortions sonores ouatées et des effets même jazzy qui le rendent trop bizarre. L'Hubert Kah mix sonne pas mal, mais pas si différent de la version album de Blank & Jones, sauf que la voix de son auteur me semble plus mise en avant. Mais c'est vers le 80s retro mix que mon choix se porte, d'autant qu'à moins de 5 minutes, ce full remix m'est encore supportable. Pas de temps mort en effet pour ce remix qui nous remet dans l'ambiance discothèques années 80 en distillant de petits effets synthétiques supplémentaires qui me plaisent bien et donnent une alternative à la simple version extended.

Au final, malgré certains titres plus faiblards, Stay in touch est le premier album de Sandra depuis longtemps à m'avoir enthousiasmé et surtout donné envie d'en parler ou de le faire partager autour de moi, et donc sur mon blog. Pour peu que vous soyez nostalgiques de vos années 80 et que vous aimiez la voix un rien pincée de la chanteuse, donnez-lui sa chance et écoutez cet album pour vous faire votre opinion.

Michal se réincarne en Dexter sur son dernier clip SINNER

Michal, sous son pseudo actuel Self Concept, publie un nouveau single, et surtout une nouvelle vidéo de haute facture, exceptionnel quand on sait qu'il est auto-produit et sans maison de disques major derrière lui. Si le choix du titre extrait de son album qui a un an tout juste semblait cousu de fil blanc, puisque j'annonçais Sinner comme le choix obligé, le pitch du clip, lui, sort de l'ordinaire. En effet, la video, réalisée par le photographe Enzo Van Erven, montre un Michal aux cheveux longs se faire rattraper par une ancienne conquête qui lui administre un somnifère et le ligote sur une table d'exécution dans un pur remake de la série Dexter. Je vais laisse juger sur pièce de l'épilogue surprenant et ne peux que vous inciter à donner une seconde chance à ce très bon album d'électro pop post-new wave dark à souhait qui s'offre une ré-édition justement.

Booty Luv de retour en veuves noires...

A l'origine compères au chant du groupe R&B Big BrovazCherise Roberts et Nadia Shepherd formèrent presque par hasard leur propre duo Booty Luv pour enregistrer une reprise dance/house du titre de Tweet pour le label Hed Kandi. Leur Boogie 2nite, épaulée par des mixes de Seamus Haji ou DB Boulevard fut un carton plein (UK#2) et leur label enchaîna un album complet avec les belles demoiselles, désormais en duo et désaffectant leur groupe d'origine sur le déclin dans les charts anglais.

L'album du même nom fut une bonne vente de l'année 2007 et donna naissance à d'autres hits club, Shine, reprise d'un titre de Luther Vandross (UK#10), Don't mess with my man, encore une cover, de Lucy Pearl cette fois, (UK#11), puis enfin un original, Some kinda rush (UK#19) et même Dance dance en Europe. Say it, en 2009, prouva que le duo gardait les faveurs du public (UK#16) et un second album, sans reprise cette fois, fut apparemment enregistré sans que l'on n'en voit plus sortir, malheureusement. Je suppose que leur label, plus habitué aux singles et compiles, avait du mal à marketer un nouvel album studio sans énorme tube comme à l'époque de leurs débuts.
Il fallut deux ans de plus pour voir les demoiselles ré-apparaître sous le nouveau pseudo Cherise & Nadia avec le titre plus trance This night et sur un nouveau label, et elles se virent offrir un featuring, à nouveau sous le nom de Booty Luv, par David Vendetta sur Sun comes up, mais leur vrai retour semble être pour 2013, avec pour l'heure un teaser efficace avec un nouveau single nommé Black widow. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça valait le coup d'attendre : ce titre dépôte grave ! Y'a d'la voix, y'a du gros son, et y'a du budget pour le clip... Pourvu que cette fois, leur nouvel album sorte dans les bacs. Parce qu'un duo de filles avec des super voix, qui chantent de la pop/dance comme je l'aime, ça ne court pas les rues...

les hits de Kylie Minogue en version orchestrale ou piano/voix...

Depuis que l'info avait filtré l'année dernière, la sortie sur CD des sessions d'enregistrements de Kylie Minogue aux mythiques studios londoniens d'Abbey Road, sous la houlette de son directeur musical de tournée et producteur Steve Anderson, et avec le Royal Philarmonic Orchestra, était attendue par les fans de la belle australienne avec anticipation, d'autant que la rumeur d'un album de reprises façon jazz/swing avait déjà couru il y a quelques années de cela, après que son pote Robbie Williams ait publié son Swing when you're winning. Kylie nous avait de plus depuis longtemps habitué sur ses tournées à reprendre en version acoustique ou swinguante certains de ses vieux tubes, et c'était toujours un exercice où je l'adorais. Quoi de mieux en effet pour ré-apprécier ses bons vieux tubes pop que de les redécouvrir en version dépouillée faisant la part belle à la voix de son interprète et à la mélodie originale ? Son album The Abbey Road Sessions clôture donc cette année 2012 célébrant ses 25 ans de carrière, et qui a vu une mini-tournée de chansons méconnues la produire en Australie, un nouveau best of sortir, un single Time bomb sortir presque confidentiellement, et une box regroupant 25 de ses plus grands tubes s'offrir en édition limitée à prix d'or pour les ultra-fans (dont je ne fais cependant pas partie...).

L'album démarre par All the lovers, l'un de ses derniers tubes, et une timide guitare qui gratouille doucement comme pour inviter Kylie à prendre le micro. Ce titre à l'origine electro/pop de son dernier album Aphrodite se pare ici de nouveaux atours, somptueux et élégants façonnés de main de maître par Steve Anderson et Colin Elliot à la production, et ici de Cliff Masterson à la direction de l'orchestre, sans oublier Terry Ronald pour diriger des choeurs suaves et chauds. On se laisse glisser avec plaisir dans la volupté sensorielle qui émane des enceintes et on frissonne lorsque les arrangements se réduisent pour ne laisser place qu'à la seule voix sensuelle, extra-sensorielle même, de la belle. Mais lorsque les cordes reprennent de l'ampleur, on se sent emporté très haut dans le plaisir et on sent déjà que l'écoute de cet album va être un met délicat à savourer comme un délicieux chocolat que l'on laisserait fondre sur sa langue pour en prolonger le plaisir.
On a night like this enchaîne avec la même équipe, et ce titre de l'année 2000, pourtant très enlevé dans sa version originale produite par l'équipe de production METRO dirigée par Brian Rawlings, prend comme un nouvel élan, symphonique cette fois, qui continue l'envol extatique de nos tympans.
Better the devil you know calme le jeu puisque cet incontournable méga-tube de 1990 écrit par le trio de producteurs de ses débuts Stock Aitken & Waterman s'expose mis à nu en version piano/voix, juste épaulé par de beaux choeurs soyeux et une légère guitare par moment. Dans sa version originale sautillante, c'est je crois bien mon titre préféré de Kylie, ou en tout cas celui que je choisirais s'il ne  fallait en garder qu'un, et dans cette version acoustique, toute dans l'émotion feutrée et contenue, elle se magnifie encore peut-être. Les détracteurs de l'usine à tubes que le trio et ses studios PWL peuvent aller se rhabiller : cette nouvelle version prouve s'il en était besoin que Mike Stock et ses acolytes avaient un sens de la mélodie incroyable !
Même version dépouillée, mais plus axée sur la guitare, pour un autre tube de l'époque, de 1989 même, fourni par le trio, Hand on your heart. Et c'est comme si la voix de Kylie, précise, mélancolique, nous faisait partager sa nostalgie d'une lointaine époque maintenant, mais qui lui a ouvert la voie pour la carrière qui s'est ensuite offerte à la petite star de série télé australienne qu'elle était lorsqu'elle débarqua à Londres pour enregistrer en moins d'une heure le titre qui allait faire d'elle la nouvelle coqueluche de la pop anglaise mais aussi européenne voire mondiale pendant de longues années. Hand on your heart avait déjà été repris en version pop/rock acoustique en 2006 par l'artiste anglais underground José Gonzales mais cette version n'en est pas pour autant une copie, loin de là !

Retour aux années 2000 pour une version ballade pas si différente de celle déjà offerte en concert du I believe in you, single inédit co-écrit par le leader des Scissor Sisters pour sa compilation Ultimate de 2004. Sauf que cette version s'appuie essentiellement sur la guitare acoustique et les choristes. Le piano accompagne seulement dans un deuxième temps. Qu'importe, la magie est là ! Et la voix de Kylie est comme depuis le début très mise en avant.
Simple duo piano/voix pour le titre suivant, Come into my world, titre de Cathy Dennis et Rob Davis de l'album Fever de 2001, et c'est éblouissant de simplicité, et d'intensité ! Alors que l'original était très produit, en bon et efficace single pop/dance teinté d'électro, là, cette version tout en légèreté garde son effet hypnotique, rien qu'avec ses voix, lead et de choeurs, et le martèlement du piano derrière : magique !!
Retour des cordes pour Finer feelings, un des derniers tubes des années 90 écrits par Stock Aitken & Waterman, et qui était déjà un mid-tempo moins synthétique dans son son, et qui avait été remixé par Steve Anderson (alors au sein de son duo Brothers In Rhythm avec le DJ Dave Seaman) pour sa version single. Je retrouve ici l'esprit original, mais avec 100% de vrais instruments, pas de synthés, un vrai batteur, des percus, et ces cordes et choeurs très présents qui donnent profondeur et ampleur au morceau.
L'enchaînement est parfait puisque c'est le premier tube post PWL Confide in me qui suit, et ce single de 1994 était le premier composé et produit par Steve Anderson pour Kylie. Là, aussi, cette version ne s'éloigne pas tant de la version originale, remplaçant juste les synthés et programmations originelles par de vrais instruments pour lui donner un relief différent. C'était déjà cette ambiance quasi orientale qui me gênait à l'époque et là, les percussions accentuent encore cette inspiration indienne.
Avec Slow, Kylie réussit là encore à recréer la moiteur et la langueur du titre original, de 2003 et de l'album Body language, en version organique. Et là où l'original était déjà très sexy, avec la voix ultra sensuelle de son interprète, ce son live des instruments, de la basse, de la batterie lourde et pesante pour rythmer le tout, cette version Abbey Road fait encore monter la température et l'on se croirait en plein revival flower power, années érotiques ou baba cool.
Nouveau virage temporel, Swingin' london cette fois, pour un The locomotion retro sixties qui retrouve son esprit Motown et nous donne envie de nous déhancher en rythme. Heureusement, à 2'34, on n'a pas le temps de perdre son souffle...
Et c'est avec son plus grand tube que Kylie enchaîne, j'ai nommé Can't get you out of my head, qui n'a pas perdu de son rythme dans cette version symphonique où les choeurs comme les cordes hachurent le celèbre "la la la la la la la la la" sur la toile harmonique de cette autre chanson de Cathy Dennis et de son compère d'écriture. C'est apparemment l'extrait choisi pour représenter l'album en radio mais je ne suis pas convaincu de son efficacité : et d'un, on connaît tellement la chanson dans sa version originale qu'il est difficile d'en imposer une nouvelle, et de deux, d'autres avaient plus d'atouts pour se faire redécouvrir du grand public, Better the devil you know en tête.

Where the wild roses grow suit, à nouveau comme sa version originale de 1995 en duo avec Nick Cave, qui a ré-enregistré sa partie pour l'occasion, et j'avoue ne pas trop voir la valeur ajoutée de cette version. L'original était déjà assez organique à mon goût et cette ballade sinistre plombe surtout l'ambiance ici, je trouve. Mais bon, il semble que c'est un favori parmi les fans... J'aurais préféré moi voir ici ré-interprété son autre duo méconnu, Bury me deep in love... A noter que c'est Steve Anderson himself qui les accompagne au piano, quand c'est ailleurs David Tench qui s'y colle...
Il garde les rênes sur un second titre, l'inédit uniquement interprété en concert jusque là et co-écrit par lui, Flower. Caressant et voluptueux, ce premier extrait promotionnel a ravi les fans mais était moins attrayant pour le grand public et les radios, sans doute. Les arrangements et l'orchestre philharmonique de Londres parent cette chanson magnifiquement et la font chatoyer comme un pur joyau caché dans son écrin noir et blanc.
Uniquement supportée par de doux arrangements de cordes, Kylie reprend enfin son incontournable I should be so lucky, et lui confère une intensité dans le doute et l'hésitation qu'elle n'avait pas abordé dans la version live déjà offerte par le passé, plus dans le style West End / Broadway. Mais je verrais bien une comédie musicale composé du répertoire de la belle australienne s'installer à Londres, surtout si le livret est composé des premiers tubes made in PWL.
C'est ensuite au tour de Love at first sight de s'offrir un lifting orchestral, pas le titre de Stock Aitken & Waterman de 1988, mais celui de 2001 extrait de Fever. Et ça lui va plutôt bien, d'autant que la chanson ne perd ni en rythme ni en légèreté. La voix de Kylie s'y fait toujours aussi sexy et plus que l'extrait précédent du même album, j'aurais plus apprécié ce choix-ci pour séduire les playlistes radiophoniques...
Et il est déjà temps de refermer le livre (version Deluxe) de ce bel album, mais il n'est jamais trop tard (lol) pour bien faire et c'est avec un nouveau tube des années 80 que Kylie nous dit au-revoir, avec un Never too late en piano/voix sublimissime qui nous touche jusqu'au plus profond de l'âme. Là encore, je ne peux qu'applaudir le talent de ses auteurs et rêve même de redécouvrir tout le répertoire de Stock Aitken & Waterman en version acoustique ainsi !

Heureux fans japonais qui peuvent profiter d'un dix-septième titre bonus pour prolonger le plaisir, et c'est le single de 2008 écrit par Calvin HarrisIn my arms, qui s'offre une nouvelle version symphonique pour finir en beauté ces sessions aux studios Abbey Road. Cordes sirupeuses à souhait et violons presque tziganes pour une version capable de charmer même les serpents à n'en pas douter... J'aurais aimé qu'elle charme le boss de EMI pour lui faire une place sur l'édition française aussi !

Mais plus heureux encore les fans australiens qui profitent, eux, d'un dix-septième et ultime titre différent, Wow, extrait lui aussi de l'album X. Cette version fait la part belle aux voix, lead et choeurs, épaulées d'une guitare et de percus quasi tribales, et cette fois, on sent vraiment que c'est un ultime rappel, comme interprété en boeuf joyeux avant de se dire au-revoir. On est bien loin de l'électro/pop efficace et pétillante de la version originale qui m'avait séduit, mais n'était-ce pas là justement le propos ? Redécouvrir autrement ? Se laisser surprendre, aussi...

Et si ces Abbey Road Sessions sont superbes à écouter, elles le sont également à feuilleter, dans l'édition livre cartonné Deluxe que j'ai choisi d'acheter (dommage pour l'absence de titre bonus, par contre...), qui est un objet classieux et raffiné, distillant de très beaux clichés de Kylie Minogue et de son micro rétro. Ce CD a toute sa place sous le sapin de cette fin d'année 2012, même si l'on est pas fan absolue de son interprète : il suffira à donner une élégance à toute soirée, repas entre amis, qui s'étonneront de croire reconnaître une chanson mais pas vraiment...